2009/11/08

Up or not Up ?

Parfois (avant-hier en est un exemple) D. a l'impression que je dérape.
Il suffit d'un labsus, ou d'une réponse à côté, ou d'un acte manqué.
Et là c'est l'escalade. Les reproches. Menace larvée de séparation.
Alors de deux choses l'une :
- soit je suis up, et l'escalade est tout sauf ce qu'il me faut (cf bouquin du Docteur Gay)
- soit je ne suis pas up, et l'escalade n'est pas légitime.
Difficile de lui faire entendre ça.

2009/10/08

Une petite poussée vers le up

Je l’avais évoqué avec mon psy, et les éléments qui ont suivi m’ont donné raison. Au sein de ma boîte je commence à être reconnu, et à essayer de pousser des projets en plus du boulot normal. Rien que de très normal.

Ce genre de situation par contre me rappelle un peu 2005 où ca partait dans tous les sens. L’idée avec les SSII c’est que pour pousser des projets en plus, il faut travailler plus. Donc suractivité, idées sur les projets tout le temps.

L’avant dernière nuit, j’ai donc eu du mal à dormir. Donc petite inquiétude (tout ça n’a pas échappé à D.). Hier soir somnifère, rien fait sur ces projets.

Je pense que ça va mieux.

Je pense aussi que je suis heureux quand je pousse ces projets, donc qu’il va falloir trouver un mode de fonctionnement équilibré.

Il faut dire que c’est temps ci, le travail normal est assez lourd (pour deux semaines).

2009/10/03

Retour à la normale

Ca y est, je suis plutôt à la normale, peut-être légèrement en dessous.
Moral bon, malgré un certain stress au boulot.
Pas d'angoisse, juste une préoccupation en tâche de fond.
Pas de créativité délirante non-plus.
Quelques ratages au niveau cognitif, mais rien de grave.
Du coup, rétrospectivement, j'étais un peu up juste avant le post précédent.
Ca se voit toujours a posteriori.

2009/09/28

J'aimerais vivre tout le temps comme ça

Ces derniers jours, c'était la grande forme.

J'ai même dit à mon psy que je me trouvais un peu trop up, que ca me rappelait 2005, avant les crises de manie.
La pêche, des idées de programmes informatiques.
Entretien annuel qui se passe vraiment très bien.
Des projets au boulot, en plus du taf normal (d'où mon "inquiétude" : suractivité).
Chaque soir quelque chose d'intéressant à réfléchir, des projets.

J'aimerais vivre tout le temps comme ça.

Ce matin, petit coup de blues pour tempérer le tout.

Et puis je vais changer de mission, donc nouveauté, donc angoisse, donc inconfort.

That's my life.

2009/09/06

Un petit mieux

Un petit mieux, sur le fond.
Je crois que c'est parti d'un rdv chez mon psychiatre.
Vous n'êtes pas dépressif, m'a-t'il dit.
Du coup, je prends une certaine distance avec mes inquiétudes, mes auto-diagnostic.
Et puis je réalise, à 37 ans, que je suis adulte.
Que mes réticences doivent être dépassées.
Que c'est ainsi.
Et cette évidence prend, un peu, forme.

2009/08/15

Accro

Je crois bien que je suis accro à certains sites sur internet (autant dire ce qui est : des sites de cul).

Ca me prend un temps fou: je ne fais plus rien d'autre. C'est particulièrement criant en l'absence de D. qui est en vacances quelques jours sans moi.

J'imagine que c'est renforcé suite à mes difficultés avec D.

J'essaye bien de résister, mais... les résultats sont mitigés.

Rien à voir avec la bipolarité, mais à voir avec ma vie. Cela déséquilibre les choses. Cela relativise ma pureté, l'image que j'ai de moi.

Cela ne peut pas non plus faire de bien à ma relation avec D.

Et puis ça m'empêche de faire des choses plus durables, comme de me remettre à écrire. Pas le temps...

2009/08/10

Peut-être légèrement un peu up

Peut-être légèrement up.
Prises de bec avec D. (ceci dit le contexte étant ce qu'il est, ce n'est pas étonnant non plus)
Beaucoup d'humour au boulot, envie de parler aux gens. (on reste dans le raisonnable)

2009/08/02

Passivité

Je porte semble-t-il en moi une grande passivité, une inertie. Peut-être est-elle alourdie par le zyprexa. Quelle importance, au fond ? Ce qui importe c'est d'agir, de faire des gestes forts, de les faire reconnaître.
Je ne suis pas en dépression, même larvée, à ce que dit mon psy. Donc mes lacunes sont des lacunes, pas des symptomes.

Vivre en étant bipolaire

La bipolarité est un fardeau, certes, mais elle ne dispense pas de construire une vie personnelle, une vie de couple, de famille, une carrière. On ira moins vite, moins loin, mais il faut aller de l'avant quand même.

C'est très difficile quand on est bipolaire et que l'on se raccroche désespérément aux éléments positifs de sa vie de se dire que cette vie là peut et doit changer, évoluer. La stabilité que l'on recherche tant peut tuer une relation. Il faut aller au delà, prendre des initiatives, se remettre en question. Difficile, surtout quand vos souvenirs de crise de manie évoquent une remise en question générale et de grands projets.

Dark day

2009/07/11

Pour ce qui est du zyprexa, l'arrêt aura duré... une semaine. J'ai eu un samedi une espèce de plongée dépressive avec anticipation de tout ce qui m'attendait (séparation, perte d'emploi, perte du refuge parental, clodo, mort). Du coup j'ai arrêté l'expérience. Le timing était mauvais. Je reprendrai le test, mais plus tard.

Un choix difficile que j'ai du faire ce jour là aura été de dire à D. : stop, arrête de m'engueuler sur tout ce que je n'ai pas fait comme il faudrait. Je vais mal, je vais de plus en plus mal, tu m'enfonce. J'ai repoussé ce moment autant que j'ai pu, car j'étais persuadé que l'idée que je sois down le ferait fuir. Malheureusement, la douleur était trop grande. En l'occurrence, pour l'instant, il n'a pas fui. Il m'a toujours dit qu'il me quitterait si je faisais à nouveau une crise (de manie). Encourageant, non ?

2009/06/29

On résiste

C'est pas facile mais on résiste.
Malgré une pression côté perso démente (couple en danger, pour résumer), je poursuis mes efforts d'auto-amélioration, je tolère ce que je dois tolérer.
J'ai comme prévu arrêté le Zyprexa.
C'est assez paradoxal.
C'est le dernier moment où arrêter le Zyprexa (toutes mes certitudes perso ont été remplacées par des doutes).
D'un autre côté, pour être vraiment là, pour redresser la barre, j'éprouve le besoin de me cantonner à un seul thymorégulateur.
Au sens où je me demande si ce n'est pas mon côté mou du bulbe, peut-être induit par cette double médication, qui a engendré une partie du drame perso.
PS: Petit bémol : depuis l'arrêt du Zyprexa, je me réveille à 5h du matin, un peu angoissé. Le sommeil étant une nécessité absolue, c'est un peu bof. D'un autre côté, l'idée c'est bien de recommencer à vivre dans la vraie vie, à avoir de vrais reflexes de vie et non à fuir, à se prendre en charge, à affronter les problèmes, ... On va voir si ca dure.

2009/06/18

Pression

C'est assez paradoxal, mais malgré une pression extraordinaire côté vie pro et vie perso, je tiens le choc au niveau humeur. Un peu confus peut-être, l'esprit pas totalement libre (préoccupations en toile de fond), mais à part ça, pas de crise. S'il y a une relation de causalité entre le stress et les crises, elle est subtile. Ou peut-être que, une fois ces problèmes terminés (en bien ou en mal), il y aura un retour de bâton ? Mes crises d'hypomanie ont quand même été corrélées avec du stress pro ou perso. Que faire ? Essayer de limiter la casse tant que la machine tient, et lever le pied en cas de sur-régime ou de sous-régime, quitte à accepter de perdre, soit mon boulot, soit mon couple. Pas très réjouissant tout ça, mais le moral est meilleur.

2009/06/09

Finalement...

Finalement, une bonne partie de mon analyse de ma situation était je pense erronée.
Ce n'était pas D qui déprimait mais moi qui n'assurais pas côté perso.
Ce n'était pas le stress + un fond depressif, mais moi qui n'assurais pas côté pro.
Bref, je n'étais pas à la hauteur.
Et cette maladie, en remettant en question les alertes que je pouvais recevoir, m'a privé de la possibilité de prendre conscience de ça, de réagir.
Ou bien, autre possibilité, je suis simplement devenu mou du bulbe, peut être à cause des médicaments.

2009/06/08

Gros soucis

De gros soucis.
D'abord à la maison. Le couple avec D souffre de mon inertie toutes ces années. Il en a marre. Je dois absolument me remettre en question, changer d'attitude, etc...
Je vous dis pas l'inquiétude.
Et s'il partait ?
Et si cette situation déclenchait une crise ? (d'autant que le boulot va mal aussi) ?
Malgré tout, je m'accroche aux branches, j'essaie d'avancer, de resister, de changer (sans changer trop radicalement, genre remise en question mystique d'hypomane).
Que faire d'autre, après tout ?
Et puis j'ai déjà survécu à une rupture (antérieure à ma première crise il est vrai).
Ceci dit, je vais tout faire pour rattraper le coup.

2009/05/22

Gymnastique du cerveau

Quand on est down ou gené par les médocs, il faut ouvrir son esprit, le développer, comme si on déroulait un parchemin ou si l'on dépliait un mouchoir pour qu'il prenne peu à peu son ampleur. S'ouvrir. L'intuition, la créativité revient un peu. Du coup le moral remonte un peu.

Quand on est up, il faut se replier, se retirer, se renfermer, comme si on ré-enroulait le tapis pour le ranger dans un coin. Laisser filer les idées qui viennent, elles n'ont aucun intérêt. Se fermer, comme on verrouille une serrure. La crise passe.

Quelqu'un de normal n'a pas connaissance de cette gymnastique, à part peut-être les artistes.

2009/05/21

Prothèses informatiques

Après la camisole chimique, voici les prothèses informatiques pour nous qui sommes handicapés de la mémoire ou de la concentration :
- les listes de tâches, avec date de création de la tâche, priorité, gravité sous excel. Mettre les détails dans un commentaire pour que la liste complête s'affiche dans un seul écran. Cela permet d'avoir une vision d'ensemble pour prioriser, ce que je n'arrive pas à faire sinon.
- les outils de mind mapping, comme xmind pour coucher ses idées (laborieuses) sur le papier, les agencer, les retrouver.
- toujours préparer ses réunions par écrit : ordre du jour, argumentaire. Toujours faire un compte rendu à peine la réunion finie (ne pas attendre le lendemain)
- avoir ses checklists de choses à vérifier quand on fait une action (par exemple préparer ses bagages)
- coucher graphiquement sur le papier la compréhension que l'on a des choses, de l'organisation, du process
- imprimer les tables des matières des documents que l'on a lus pour avoir une vision d'ensemble
- tenir un catalogue des fichiers avec l'endroit où ils sont classés et leur contenu

Ces outils sont utiles aux gens normaux, mais peuvent nous permettre de compenser.

Une autre option que je suis ces temps ci, et qui est très discutable, c'est de ramener du boulot le week-end, puisque je n'arrive pas à travailler à 100% dans le temps que je passe au boulot.

Enfin, tenir un blog sur son état, cela permet au fil du temps de voir l'évolution de sa perception de soi. Cela permet aussi de rencontrer des gens :-)

2009/05/16

Le brouillard

Je crois que c'est l'expression qui caractérise le plus ce qui m'est tombé dessus depuis 2005, et dont l'intensité fluctue. Concentration, investissement personnel, passage de l'idée à la décision et de la décision à l'action, tout est freiné. Plus ca va mal, plus le brouillard s'épaissit, plus ca va mal. Parfois il se dissipe presque, j'y vois clair, je sais ce que je veux, j'agis. Ca ne dure pas toujours malheureusement. Est-ce les médicaments ? la bipolarité ? En tout cas c'est une donnée. Et comme par hasard, plus je suis soumis à un stress important (conflit, soucis professionnels, ...), plus c'est épais.

2009/05/04

Là où on ne l'attend pas

Comme quoi il faut rester prudent.

Il y a quelques jours, j'ai fait une espèce de fixation sur le tome 2 de la série de bouquins Twilight, où l'héroïne se faisait larguer par le héros. Cela m'a rappelé une rupture passée. Et je me suis (presque, heureusement) persuadé que D. allait me quitter. 

Et puis ça a passé. Il ne m'a pas quitté, et le soufflé est retombé.

La psychose vient à chaque fois par un axe où on ne l'attend pas.

Etat des lieux (2)

Petit addendum à l'état des lieux :
- je percois maintenant les "alertes" qui sont le début du processus de prise d'initiative, mais ne les prends pas encore en compte. Il faut que je me fasse violence pour les noter sur le champ pour pouvoir les intégrer à ma liste de tâches.
- il y a du mieux sur la prise de notes en réunion mais ce n'est pas encore ça.
- il y a du mieux sur l'investissement/la concentration. J'arrive à lire un magazine moyennement intéressant sans m'interrompre au bout de deux pages.
- léger retour du tremblement, temporaire apparemment.
- je continue à faire des "fumbles" (erreurs ? maladresses ?) en période plutôt down, ce que D. détecte inconsciemment. Il passe alors son temps à me faire des reproches, ce qui m'enfonce un peu plus. Je ne lui en veux pas. C'est mécanique.
- toujours pas de psychothérapie, je ne sais pas ce que j'attends. Peut-être un peu peur d'être destabilisé, remué, et que cela ne déclenche quelquec chose
- le stress pro croît (mais il y a des raisons pro à cela), du coup recours à nouveau au Xanax pour dormir. Pas trop d'effet secondaire le lendemain.

J'y vois un mieux.

2009/05/02

Fausses idées

Un post un peu "réac" une fois n'est pas coutume :
Quelques fausses idées sur lesquelles j'essaie, difficilement, de revenir :
  • Utiliser le Xanax le soir chaque fois que l'on est trop stressé ne résoud pas le problème qui cause le stress. Ca prive du stress dans son rôle de moteur pour l'action. C'est le début de la fuite. Petit bémol: être paralysé par l'angoisse ne sert à rien
  • On dit qu'en cas de dépression il ne faut pas hésiter à lever le pieds. Le problème c'est que cela revient à renoncer au principe selon lequel on doit s'investir à fond dans ce que l'on fait tout le temps. Une fois la dépression partie, on est tenté de continuer à lever le pied.
  • Si ca va trop mal, je ferai une depression et je serai arrêté. Cette échapatoire empêche de se mobiliser.
  • Ce n'est pas parce que, suite à la maladie ou à un fond dépressif, on a des problèmes relationnels que l'on est dispensé de trouver des solutions de contournement à moyen terme pour que le travail avance quand même.
  • L'usage (très soft par ailleurs) d'un neuroleptique comme le Zyprexa n'explique pas toutes les lacunes. Le manque de rigueur, de recul, de professionnalisme sont d'autres explications plausibles.

2009/04/25

Christian Gay (2)

Je voulais saluer une nouvelle fois l'action du Dr Christian Gay, que j'avais pu rencontrer en séance de psychoéducation à la clinique du Chateau à Garches. Je viens de lire sa charte des droits du bipolaire, dans la droite ligne de sa pensée humaine, compréhensive.
Citée dans le blog :

Médicaments

Tout d'abord je voulais dire aux bipolaires de prendre consciencieusement leurs médicaments. Le moindre oubli, même une fois, mais tout l'équilibre en danger. Un seul oubli et le lendemain tout bascule, on voit les choses différemment, on commet des erreurs. Il y a des jobs où cela ne pardonne pas.

Ensuite, ma position sur le zyprexa (mon deuxième thymorégulateur) est en train de changer. Mon psychiatre pense qu'il est peut-être prématuré de l'arrêter, au vu de mouvements récents (certes léger). Il pense aussi que le médicament me tranquilise, et que si, après l'avoir arrêté, je m'inquiétais, cela créerait un stress et donc un facteur de risque de rechute. Je vais donc devoir faire avec. Ca m'embête parce que j'espérais, à tort probablement, que son arrêt me rendrait toutes mes capacités intellectuelles (je souffre de manque de concentration, de difficultés relationnelles). Je vais peut être me résoudre du coût à faire une psychothérapie. Je dois changer, je ne suis pas serein professionnellement en l'état.

2009/04/05

Une semaine infernale

Je viens de passer une semaine assez infernale.
Le boulot qui déborde de plus en plus, le retard qui se fait de plus en plus criant.
Au niveau stress, ca allait.
Au niveau sommeil, ca allait.
Au niveau organisation, productivité, c'était pas ça.
Beaucoup trop de temps perdu, ne va pas à l'essentiel.
Début de manie ?
Je me suis rendu compte que j'avais oublié de prendre mes médicaments un soir.
Je pense que c'est lié.
Même si le boulot va plutôt mal.
Bizarrement, ce week-end, l'esprit assez libre. Nous avions de la visite.
Tout semble aller mieux.
Nous verrons bien.

Diminuer le Zyprexa ?

Chaque jour je repousse les limites. Stress que j'arrive à tenir, confrontations progressives... Bien sur tout n'est pas rose, parfois je régresse (évitement, procrastination, ...)
[...]
On envisage très sérieusement de couper le Zyprexa (pour ne rester qu'au Lithium). Est-ce que je ne mets pas trop d'espoir dans cette perspective ? Est-ce que d'arrêter un traitement aussi faible (la moitié de la plus petite dose) va cahnger vraiment la donne ? Je serai peut-être un poil plus vif, mais les problèmes de fond resteront les mêmes : prise en charge non assumée, anticipation nulle, etc...
D'un autre côté, y a pas de raison. Après la crise de 2000, uniquement sous lithium, j'avais retrouvé, après quelques mois, l'usage de mes capacités. J'étais chiant, stressé, mais "normal".
On laissera juste passer le printemps : car mes crises ont à chaque fois commencé au printemps.

2009/01/07

Oscillations

J'oscille ces derniers temps entre deux états :
- un plutôt up: Bon moral malgré un boulot chiant et stressant. En fait, j'occulte complètement le stress. Au niveau boulot, je ne stresse pas donc je remets. Donc tout va bien, mais je vais droit dans des problèmes par mes omissions. Plein d'idées, de projets. D. me trouve détendu, heureux. Omnubilé par la créativité, la communication, scénarios positifs. Difficulté à dormir (agitation)
- un plutôt down: Mauvais moral. Angoisse (merci au Xanax). Les idées et projets semblent débiles. Peu d'énergie pour affronter les enjeux de mon boulot, donc je remets (en plus, j'ai entendu dire que cela ne servait à rien dans ces cas là de se mettre trop la pression). D. me trouve terne. Pas d'idées, pas de projets. Omnubilé par les soucis qui m'attendent, scénarios négatifs. Difficulté à dormir (inquiétude).

Je préfère (mais il paraît que c'est courant) l'état "plutôt up", plus confortable.

Il n'y a pas de juste milieux, c'est soit l'un, soit l'autre.

En l'écrivant comme ca, je me rend compte qu'il s'agit de la mobilité bipolaire "de base".

J'ai diminué le Zyprexa il y a quelques semaines, ceci explique peut-être la réapparition de ces phénomènes ?

2008/11/17

Etat des lieux

Voici les gênes que je ressens depuis les épisodes 2005 (je ne les ressentais pas avant).
Je fais l'hypothèse qu'une partie est due aux médocs (teralithe + ziprexa), une autre due à une sorte de traumatisme suite aux crises de 2005. Cette seconde partie pouvant peut-être être soignée par une psychothérapie ?

Actuelles, génantes :
- réactions puériles
- pointes de déprimes incapacitantes
- procrastination, fuite des choses urgentes à faire
- manque d'initiative, passivité
- réticence à aller demander des choses aux collègues
- difficulté de concentration, pas de prise de notes, compréhension plus lente
- incapacité à faire 2 choses à la fois
- difficulté à lire longtemps
- difficulté à approfondir une idée, à exprimer ma créativité
- manque de recul
- difficulté à m'adapter à un nouvel environnement (je n'arrive pas à mettre à contribution mes bases le temps de trouver mes marques)
- oublis (rares heureusement) de prise des médicaments le soir

Actuelles, moins génantes :
- mutisme, manque d'expressivité
- difficulté à sortir du lit le matin
- vertige (impossible de skier)
- mémoire un peu génée, difficulté à retrouver le nom des choses
- difficulté à réagir du tac o tac
- maladresses, erreurs d'inatention

Par le passé, moins actuelles :
- angoisses obsessionnelles cristallisées autour d'un souci pro (impossible de dormir sans xanax, ...)
- tremblements occasionnels (impossible de tenir une tasse de café d'une seule main)
- eczema

2008/11/09

Psychose et foi

Il faut un acte de foi pour se dire que non je ne suis pas en crise. Il faut un acte de foi pour prendre des risques (parler en public malgré l'angoisse des trous de mémoire ou de l'apparition d'une crise). Il faut un acte de foi pour distinguer le stress et la folie. C'est bien le problème des psychoses : on n'en a pas conscience. Et avec la foi vient le doute.

2008/08/29

La bouteille

La bouteille est-elle à moitié vide ou à moitié pleine ? En période de dépression ou de stress, j'ai pu constater, objectivement, que mon interprétation rationelle d'une liste des tâches variait suivant mon humeur (au sens médical). Si je suis d'humeur positive, je conclus "il y a du boulot, mais il n'y a pas le feu au lac". Si je suis d'humeur négative, je conclus "on s'en sortira jamais, on va droit dans le mur". Tout ça en regardant le même document, dans les mêmes conditions. La réalité vraie est entre les deux, bien sûr, mais c'est assez vertigineux de voir à quel point mon analyse change, uniquement suivant mon humeur.

Parler noircit le tableau

Le simple fait de parler de tout cela noircit le tableau. Je vis bien, je suis globalement heureux. Il est aussi possible que j'aie tendance à occulter les problèmes, à les oublier, à les remettre à plus tard. J'avais envisagé une psychothérapie, vais-je mener à bien ce projet ? Bref, toujours pareil : quelle que soit l'axe retenu, le doute est toujours possible.

2008/08/08

Pure panique

Lors d'une crise de manie (première des deux crises de 2005), j'ai vécu un instant de pure panique, très pur, où l'univers entier s'est réduit autour de moi jusqu'à obturer complêtement mes sens. Je me souviens avoir crié. J'étais totalement démuni. Heureusement, mes parents étaient là et m'ont donné quelque chose. Je n'oublierai jamais cet instant.

2008/08/07

Je n'aime pas que D pense que je débloque

Je n'aime pas que D pense que je débloque, que je suis en train de démarrer une crise de manie. Souvent, quand je le contredis, ou quand je commets une erreur d'inattention, il pense que je suis en train de déraper, que c'est le début d'une crise. Cela arrive en particulier quand, pour ses raisons, il va mal. Je déteste ça. Je déteste sa suspicion, je déteste être obligé de me justifier au vol.

2008/08/04

Bipolarité et travail

Quand on a comme moi tendance à l'anxiété, à monter en épingle les préoccupations professionnelles, on pourrait croire qu'il vaudrait mieux éviter les boulots trop stressants. Malheureusement, pour maintenir mon revenu, il faut un minimum de stress. Par ailleurs, à trop baisser la barre, je pense que je me replierais sur moi. Il faut faire un effort pour se raisonner, et pour ce faire, il faut être sollicité, mis à l'épreuve, un minimum. Tout est affaire de dosage.
Idem pour l'aspect manie. Par exemple, si je participe à beaucoup de réunions, j'ai tendance à sentir l'excitation monter. A moi de me mettre en retrait, de faire retomber la vapeur.
Après, il y a un autre aspect à la question . Même si je suis bipolaire, j'estime avoir le droit de travailler. Mais n'est-ce pas léser mon employeur, avec tous les problèmes annexes qui m'occupent l'esprit et m'empêchent de me concentrer sur l'essentiel, i.e. le travail ?

2008/08/01

Manie vs dépression

La manie et la dépression sont deux déséquilibres du moi. Dans la manie, le moi est trop fort, il déborde des limites. On parle à tout le monde, on a l'impression de reconnaître des gens dans le métro. On est trop vif. Dans la dépression c'est l'inverse. On parle avec peine, même si on connait les gens, on se sent désespérément seul. On est trop lent.
Dans la manie, a force de s'agiter et de passer du coq à l'âne, on perd le fil, on se disperse, on ne fait plus rien. Dans la dépression, ce sont toujours les mêmes pensées qui tournent en boucle, comme si on était une machine à broyer du noir.

Avant/après

Il y a un avant et un après 2005 (deux crises de manie séparées par une dépression). Avant j'écrivais, depuis je n'écris plus. Avant je passais des heures à programmer, ma passion, maintenant je ne le fais plus qu'épisodiquement. Alors ? Est-ce une sorte de traumatisme ? Est-ce l'ajout du zyprexa ? Ou bien est-ce l'âge ? J'ai du mal à m'investir dans un projet, à me concentrer alors qu'auparavant cela coulait de source (j'avais plutôt du mal à m'arrêter). Peut-être était-ce une forme de mini-manie, mais en tous cas, c'était agréable et constructif.

2008/07/30

Je vais bien

C'est comme de se dire "je vais bien". Est-ce qu'on va bien ou est-ce qu'on a (désespérément) envie de bien aller ? Comment savoir ? Est-ce que je ne suis pas sciemment en train d'évacuer des symptômes qu'il faudrait soigner ?

Comment savoir ?

C'est un problème très général. Quand on affronte une difficulté, quand on doute de soi ou de certaines de ses capacités (concentration, prise d'initiative, esprit de synthèse, ...), est-ce du aux médicaments ? à la maladie ? à rien de tout ça ?
Est-ce un passage à vide "normal" ou une petite dépression ?
La maladie a bon dos, mais d'un autre côté elle a bien un impact.

2008/07/29

Camisole chimique

Ca veut dire ce que ça veut dire. Les neuroleptiques (et dans une certaine mesure les thymorégulateurs) sont une forme de camisole. On ralentit le cerveau en attendant que la crise passe et qu'il retrouve le droit chemin. Que dire des cas, comme le mien, où on prescrit ces médicaments sur une longue durée ? A la longue, j'oublie. Les limitations que je constate s'estompent un peu. Mais je reste sous influence.

Véhicule

Un peu de métaphysique. Notre corps, notre esprit ne sont qu'un véhicule habité par nos âmes (c'est du bouddhisme de bazar). Il se trouve que dans certains cas, dont le mien, ce véhicule est sujet à des fluctuations, bipolaires. L'âme s'estompe, prend son mal en patience et attend le passage de la vague. Car il y a toujours un après la vague. Et un retour de l'âme aux commandes.

2008/07/24

D.

Je crois qu'il vaut mieux que D. ne lise pas ce blog. Il est déjà suffisament inquiet à mon sujet. Il me demande si ca va tous les jours, il surveille mon sommeil (un mauvais sommeil est à la fois un indicateur d'une crise de manie et une cause de celle-ci).

Procrastination

Cette tendance à la procrastination est apparue chez moi lors de ma dépression en 2005 (entre deux épisodes d'hypo-manie). Je fais une liste de choses à faire pour le boulot, et rien n'avance. Le temps passe. L'urgence augmente. Rien n'avance, ou si peu.

En 2005, cela pouvait s'expliquer (je traversais une période d'anxiété du à un stress intense). Depuis, est-ce le zyprexa ?, je souffre moins du stress.

Je ne crois plus que cela soit le stress qui me paralyse. Il y a quelque chose dans le rapport au temps, dans l'auto-organisation. Quelque chose dans le rapport au travail (est-ce que je le prends au serieux, est-ce que j'arrive à me concentrer pour me projeter dans les contraintes professionnelles, est-ce que je suis comme par le passé sensible aux alertes que mon bon sens lançait quand une échéance se rapproche). Je cherche. Il y a aussi peut-être un niveau d'exigence trop élevé (je m'impose un niveau trop haut, donc je ne l'atteint pas, donc je suis démotivé). Ou bien un manque de confiance en moi, une peur du jugement des collègues. Bref, c'est une prévision qui cause sa réalisation : j'anticipe l'échec, créant ainsi les conditions l'échec.

Il y aurait une autre piste, qui est que ce travail me plait assez peu. Cela expliquerait un manque de motivation et mon peu d'empressement.

Comment savoir ?

2008/07/23

Jeu de mots

Je viens de comprendre un jeu de mot dans le titre que j'ai choisi pour ce blog. Je m'écrie "Je suis bipolaire !". C'est vrai que c'est un appel dans le vide. Envie d'échanger, envie d'être questionné, compris.

2008/07/16

Article de wikipedia sur la manie

Juste pour signaler l'article de wikipedia sur la manie que je trouve particulièrement bien fouillé. On connait beaucoup moins ce pôle que l'autre (la dépression).

2008/07/13

Création du blog

Cela fait quelques mois que j'essaie de trouver quoi écrire, et c'est toujours le même sujet qui revient plus ou moins déguisé.
Comme je ne sais pas comment le traiter sous forme romancée, je commencerai par un blog.
Pour déflorer le sujet : je souffre d'un désordre bipolaire (avant, on aurait dit que je suis maniaco-dépressif), malgré cela, je suis intégré : j'ai une vie de couple, un métier, etc... Je prends pour cela un traitement "a vie", deux "thymoregulateurs", régulateurs de l'humeur qui me stabilisent bien (pas d'incident depuis 2005).
Il reste que j'ai un vécu un peu particulier. J'espère que mes lecteurs intéressés se retrouveront dans mon exemple, ou retrouveront leurs proches qui souffrent de cette maladie.